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Le partenariat du Maroc avec Djibouti : une illustration de la vision du développement partagé mise en œuvre par le Roi Mohammed VI — par Jean-François Poli

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La réélection le 10 avril 2026, d’Ismaïl Omar Guelleh à la présidence de Djibouti avec 97,81 % des suffrages pour un sixième mandat consécutif, est un gage de continuité dans les projets commerciaux qui se fondent sur la position géographique stratégique de Djibouti .

En effet, Djibouti contrôle le détroit de Bab el-Mandeb, point de passage entre la Mer Rouge, le Golfe d’Aden et l’océan Indien. Selon la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), ce corridor concentre une part structurellement importante des flux maritimes mondiaux entre l’Asie, l’Europe et l’Afrique orientale.

Pour le Maroc, cette stabilité permettra la poursuite et le renforcement des actions en cours.

Par décret du 6 janvier 2025 le gouvernent de Djibouti a en effet autorisé Marsa Maroc à investir dans Damerjog Oil FZE, l’entité opérant le terminal pétrolier et gazier de Damerjog.

Ce terminal, inauguré en 2020, dispose d’une capacité annoncée de 25 millions de tonnes par an, d’infrastructures de stockage et de bunkering, et d’une jetée de 2,5 kilomètres. Il est conçu pour capter les flux d’hydrocarbures à destination de l’Éthiopie et des marchés régionaux de transit.

Pour structurer cet investissement, Marsa Maroc a constitué deux filiales : Marsa Maroc International Logistics, destinée à centraliser les opérations africaines du groupe, et Marsa Djibouti, l’entité locale qui détiendra la participation dans le projet. Cette opération s’inscrit dans une logique d’expansion africaine déjà engagée par Marsa Maroc, présent au Bénin via la gestion du terminal à conteneurs du port de Cotonou depuis 2022.

Parallèlement à l’investissement de Marsa Maroc, l’Agence Spéciale Tanger Med (TMSA) a signé un protocole d’accord de coopération stratégique avec la Djibouti Ports & Free Zones Authority (DPFZA) qui gère plusieurs terminaux : le Doraleh Container Terminal, le Doraleh Multipurpose Port, le port de Tadjourah orienté vers l’export de potasse, et le terminal de Damerjog pour les hydrocarbures liquides. Il s’agit par cela de mettre en place des échanges d’expertise opérationnelle, la formation des cadres et le partage de pratiques en matière d’intégration port-zone franche. L’objectif déclaré est de s’inspirer du modèle Tanger Med, classé parmi les premiers ports d’Afrique en connectivité, selon l’indice Liner Shipping Connectivity Index de la CNUCED, pour renforcer la compétitivité du dispositif djiboutien. Ce type d’accord, sans transfert de capital dans l’immédiat, constitue un outil classique de positionnement préalable à des engagements opérationnels plus profonds.

Ces deux volets s’adossent à un accord bilatéral de coopération en matière de marine marchande et de transport maritime signé à Rabat en novembre 2022, qui constitue le cadre juridique de référence pour les partenariats entre armateurs et opérateurs des deux pays.

Du côté djiboutien, la logique de diversification des partenaires est évidente. Diversifier les opérateurs, y compris en faisant appel à des acteurs africains dotés d’une expertise reconnue, répond à une nécessité de gestion des risques.

Du côté marocain, Djibouti représente un accès à la Mer Rouge et à l’Afrique de l’Est que le Maroc ne peut obtenir par sa façade atlantique ou méditerranéenne.

C’est donc un échange gagnant-gagnant qui est mis en place, qui permet d’illustrer la vision du développement partagé mise en oeuvre par le Roi Mohammed VI.

Jean-François Poli

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