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La base aérienne de Bir Anzarane : un instrument de protection de la souveraineté du Maroc dans les Provinces du Sud par Jean-François Poli

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Pour assurer une protection efficace de ses frontières et juguler toute atteinte à son intégrité territoriale, le Royaume a mis en place de larges travaux de renforcement de ses outils de défense dans les Provinces du Sud.

Il en va ainsi de la base aérienne de Bir Anzarane qui voit son rôle redéfini pour lui permettre d’assurer avec plus d’efficacité ses missions, ce qui a conduit à la réalisation de vastes travaux d’infrastructure.

Selon ce qu’indique le média en ligne Yabiladi, se référant à une de ses sources «la base se trouve à l’entrée de Dakhla et s’étend sur environ 5 km. Initialement, c’était un petit aéroport réservé aux hélicoptères, […] elle a été élargie et modernisée pour accueillir des avions de chasse, des drones et des hélicoptères de dernière génération, comme les Apaches».

Ainsi, les Forces Armées Royales vont-elles disposer d’un outil performant pour défendre le pays contre les attaques qu’il pourrait subir. Cela permet de renforcer la protection du développement des Provinces duSud, lié notamment à la construction du grand port de Dakhla Atlantique qui donnera au Maroc la maîtrise du commerce maritime dans la région, permettra de renforcer la coopération Sud-Sud et contribuera au succès de l’initiative du Royaume destinée à ouvrir aux pays du Sahel un accès à l’océan.

D’un point de vue plus général, cela concrétise la mise en œuvred’une politique cohérente et multifactorielle pour garantir l’intégrité territoriale du Royaume, laquelle se déploie sous deux aspects.

Tout d’abord, la constance d’une intense activité diplomatique au plus haut niveau, avec une implication directe du Roi Mohammed VI, pour faire reconnaître par la communauté internationale la réalité de la marocanité des Provinces du Sud. Cela a été suivi par la reconnaissance de la marocanité du Sahara encore récemment exprimée dans la région par le Mali et au-delà par le Canada, la Belgique, le Royaume-Uni, les États fédérés de Micronésie et Palau…En dépit de la jurisprudence délétère de la Cour de justice de l’Union européenne, tout récemment, la Haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères et la défense a affirmé la position de l’Union sur le Sahara marocain, considérant qu’une autonomie véritable pourrait représenter une solution des plus réalisables en saluant l’adoption de la résolution 2797 (2025) du Conseil de sécurité.

Ensuite, car cela est essentiel, et le monarque l’a bien compris, assurer sur le terrain la marque de la souveraineté, à savoir protéger les frontières dans un espace porteur de grands enjeux géopolitiques et susceptible d’être le point de départ de menées séparatistes. En cela, le Royaume s’est tenu éloigné, avec pertinence, des thèses approximatives (et irréalistes) tenant à l’avènement d’un monde unipolaire sous l’égide d’une mondialisation dite « heureuse » en tous domaines, censée faire fi des Etats et de leurs peuples.

La présence de ces installations à proximité de la frontière mauritanienne permet aux Forces Armées Royales d’assurer une action de défense, et plus largement de prévention et de renseignement, avec un positionnement éloigné des concentrations urbaines, ce qui permet d’assurer une moindre vulnérabilité de cet outil et donne également plus de latitude dans son utilisation, sans avoir le souci de protection des populations civile qui seraient présentes sur zone.

Par sa position géographique, la base militaire permet également un déploiement rapide de forces qui peuvent être projetées depuis les autres régions du Royaume aux fins de venir en appui à celles déjà présentes sur site, ce qui est un gage d’efficacité, comme de dissuasion.

Elle garantit la sécurité de cette partie des Provinces du Sud et permet d’assure la mise en œuvre de la vision programmatique lancée par le Roi Mohammed VI telle qu’il a pu l’évoquer lors d’une adresse à son peuple à l’occasion de la commémoration de la Marche Verte : « Notre souhait est que la façade atlantique devienne un haut lieu de communion humaine, un pôle d’intégration économique, un foyer de rayonnement continental et international ».

Le développement économique vers l’Atlantique – en associant les pays amis et partenaires, par la mise en place de « nœuds » de transit qui permettent un désenclavement profitable à tous dans le cadre d’une véritable solidarité africaine – ne peut se réaliser sans que soit assurée la sécurité des personnes et des biens, ce qui a été parfaitement perçu par le Roi Mohammed VI.

Ainsi se met en place le cadre de développement du Royaume défini par le Roi Mohammed VI et fondé sur une perception fine de la réalité géographique sans laquelle aucun projet ne peut aboutir.

Jean-François Poli