Les négociations entre les États-Unis d’Amérique et la partie ukrainienne ont commencé ce mardi à Djedda, en Arabie saoudite, dans le but de déterminer les conditions d’un cessez-le-feu avec la Russie.
Le Président de fait Volodymyr Zelensky n’y participait pas, bien qu’il soit présent sur place. Il a été reçu par le prince héritier Mohammed Ben Salman.
Ce nouvel épisode d’entretiens fait suite à ceux qui ont déjà eu lieu au niveau des chefs des diplomaties Russes et Américaines, Sergueï Lavrov et Marco Rubio, le 18 février dernier à Riyad.
Lors de la réunion du mardi 11 mars 2025, les États-Unis ont décidé de reprendre leur soutien militaire à l’Ukraine.
Par ailleurs, « l‘Ukraine s’est déclarée prête à accepter la proposition américaine d’instaurer un cessez-le-feu immédiat et provisoire de 30 jours », sous réserve de la validation de l’accord par la Russie, selon ce qu’indique la déclaration commune publiée mardi soir.
Ce jour mercredi 12 février 2025, Donald Trump a indiqué que les négociateurs se rendaient à Moscou.
Le rôle central de l’Arabie saoudite dans le processus visant à régler le conflit dans l’est de l’Europe se confirme, attestant par ailleurs du fait que les vieilles nations d’Europe se trouvent marginalisées : elles ne sont présentes ni comme négociateurs, ni comme facilitateurs.
On note par ailleurs que les positions militaires de la Russie se sont renforcées et stabilisées en Ukraine, comme dans la région de Koursk dans laquelle des sources russes indiquent la reprise de près de douze localités. Dans cette même région les Ukrainiens affirmaient contrôler cinq cents kilomètres carrés.
Une attaque de drones ukrainiens a été lancée sur Moscou et sur d’autres parties du territoire russe dans la nuit de lundi à mardi. La Russie a annoncé avoir détruit une grande partie des engins.
Ce jour, mercredi 12 février 2025, le Président Poutine en visite à Koursk a ordonné à ses troupes de « libérer complètement » la région russe des forces ukrainiennes.
Les conditions de résorption rapide de ce conflit ne semblent pas manifestement réunies, le délai de vingt-quatre heures annoncé pendant la campagne électorale par Donald Trump, certes peu réaliste, n’a pas été tenu…
La voie vers la paix dans ce contexte de grande incertitude n’est pas pour l’instant envisageable dans un horizon proche. Les positions plutôt extrêmes de certaines diplomaties européennes n’auront pas d’influence réelle sur la suite des évènements dans la mesure où leurs voix et leurs poids comptent peu. Seuls les États-Unis et la Russie ont les cartes en main, car les premiers détiennent les clés du contrôle des actions militaires, par leur appui technologique, matériel et financier et l’incidence de leur position sur les comportements de certains pays d’Europe. Les seconds, quant à eux, sont indubitablement en position de force, en l’état de victoires notables qu’ils ont remportées en territoire ukrainien, qui seront vraisemblablement pérennes.
Jean-François Poli
Institut Méditerranéen de Droit et de Géopolitique